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Note n° 167 actualités

Identité numérique des collectivités : authentifier sans exclure

Comment choisir un niveau d’authentification proportionné et concevoir des démarches en ligne accessibles aux usagers des collectivités ?

Un ordinateur et un téléphone sont posés sur un bureau d’accueil où une personne accompagne un usager.
L’accompagnement fait partie intégrante du parcours d’authentification.

Pour une collectivité, proposer une démarche en ligne ne consiste pas seulement à remplacer un formulaire papier par un écran. Il faut aussi vérifier que la personne qui agit est bien autorisée à effectuer la demande, sans créer d’obstacle disproportionné à l’accès au service. L’identité numérique et l’authentification interviennent à cette étape, mais elles ne répondent pas à tous les mêmes besoins. Un parcours bien conçu relie donc le niveau de vérification au risque de la démarche, aux données personnelles concernées et aux capacités des usagers.

Les dispositifs d’authentification fédérée, comme FranceConnect, permettent à un usager d’accéder à certains services en ligne avec un compte qu’il utilise déjà. La collectivité peut ainsi éviter de gérer elle-même chaque identifiant, tout en intégrant un moyen d’accès connu dans le parcours. Cela ne dispense pas de définir les responsabilités : quelles données sont transmises, qui les reçoit et à quelle étape ? Pour des démarches nécessitant un niveau de sécurité renforcé, un dispositif tel que FranceConnect+ peut être proposé lorsqu’il est adapté au service. Le choix doit être expliqué clairement, sans laisser croire qu’un seul mode convient à toutes les formalités.

Une authentification adaptée protège les données sans exclure les usagers. Une simple demande d’information ne justifie pas nécessairement les mêmes contrôles qu’une opération qui modifie une situation administrative ou donne accès à des données sensibles. La collectivité peut cartographier ses démarches selon les conséquences d’une usurpation, les informations consultées et les actions possibles. Cette analyse aide à déterminer si une authentification est nécessaire, quel niveau est proportionné et à quel moment elle doit intervenir. Éviter de demander une connexion dès la première page réduit aussi les étapes inutiles pour les personnes qui souhaitent seulement consulter des informations générales.

Des mains utilisent un ordinateur portable et un téléphone pour accéder à un service en ligne.
Le niveau de vérification doit correspondre aux risques de la démarche.

Le parcours doit prévoir une issue lorsque l’authentification échoue ou qu’un usager ne peut pas utiliser le moyen proposé. Un message d’erreur compréhensible, une procédure de récupération de compte et un contact d’assistance évitent que l’incident ne se transforme en impasse. Il faut aussi tenir compte des personnes peu à l’aise avec le numérique, de celles qui n’ont pas de smartphone compatible et des besoins liés au handicap. Le respect des exigences d’accessibilité numérique concerne l’ensemble du parcours : formulaires, contrôles, consignes et documents fournis. Selon la démarche, une voie d’accompagnement ou une alternative non numérique peut rester nécessaire.

La collectivité gagne à examiner le parcours complet avant le déploiement : depuis l’information initiale jusqu’à la confirmation de la demande. Cela permet de repérer les ressaisies, les ruptures entre services et les demandes de données qui ne sont pas utiles au traitement. Les règles d’interopérabilité doivent être étudiées avec les équipes informatiques et les responsables métiers, notamment lorsque plusieurs logiciels interviennent. Il est également important de préciser les durées de conservation, les accès internes et les modalités d’assistance. Des tests avec des usagers aux profils variés peuvent révéler des difficultés que les équipes projet ne repèrent pas lors d’une vérification technique seule.

Enfin, le suivi ne se limite pas au nombre de connexions réussies. Les abandons, les demandes d’aide, les erreurs récurrentes et les retours des usagers donnent des indications concrètes sur la qualité du service public numérique. Leur analyse doit respecter la confidentialité et ne recueillir que les informations utiles à l’amélioration du parcours. Une démarche d’identité numérique fiable repose ainsi sur des choix proportionnés, des explications accessibles et des solutions de recours. En associant sécurité, protection des données personnelles et accompagnement, la collectivité rend ses services en ligne plus praticables sans confondre contrôle et complexité.