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Note n° 227 actualités

QR codes sur les courriers publics : sécuriser le passage du papier au numérique

Un QR code facilite l’accès à une démarche en ligne, mais ne garantit pas l’authenticité de la page. Voici les contrôles à prévoir sur le lien, le courrier et le parcours usager.

Un courrier administratif avec un QR code posé près d’un téléphone.
Le QR code doit renvoyer vers une adresse maîtrisée par la collectivité.

Un QR code imprimé sur un courrier peut conduire directement vers un formulaire, une page de paiement ou un espace de suivi. Il facilite le passage du papier à la démarche en ligne, mais ne prouve pas que la page affichée appartient à la collectivité. Une personne qui scanne le code ne voit pas toujours clairement l’adresse de destination avant l’ouverture. Pour limiter les risques d’usurpation, la collectivité doit donc traiter ce petit carré comme un point d’accès à son service public numérique.

Le premier enjeu consiste à maîtriser l’adresse encodée. Lors de la création du document, les équipes vérifient que le QR code renvoie vers un domaine officiel et que celui-ci est correctement orthographié. Une adresse courte ou un service de redirection peut rendre la destination moins lisible ; son usage doit alors être justifié, documenté et placé sous le contrôle de la collectivité. Il faut également conserver une trace du lien associé à chaque modèle de courrier, afin de pouvoir le vérifier si une page change ou si un usager signale une anomalie.

Le contrôle de la destination doit être possible avant l’ouverture de la page. Les consignes qui accompagnent le code peuvent indiquer le nom du domaine officiel et proposer une adresse à saisir manuellement pour accéder au même service. Cette précaution aide les personnes qui préfèrent ne pas scanner un code ou qui utilisent un équipement partagé. Elle permet aussi de repérer une différence entre le domaine annoncé et celui qui s’affiche après le scan. La mention « connexion sécurisée » ou le cadenas du navigateur ne suffit pas à établir qu’un site est bien celui de la collectivité : ces indicateurs concernent la connexion, pas la légitimité de l’organisme.

Une personne vérifie un QR code imprimé sur un courrier avant d’ouvrir le lien.
Afficher clairement le domaine officiel aide l’usager à contrôler la destination.

Le risque ne vient pas uniquement du lien choisi au moment de l’impression. Un autocollant peut être apposé sur un QR code dans un lieu d’accueil, ou un courrier peut être imité avec un code frauduleux. Les agents chargés de distribuer les documents et d’entretenir les panneaux d’information peuvent intégrer un contrôle visuel simple à leurs vérifications : comparer le code avec le modèle attendu et signaler tout ajout suspect. Pour les courriers, une présentation cohérente, le nom du service émetteur et des coordonnées vérifiables donnent à l’usager des repères complémentaires, sans remplacer le contrôle de l’adresse.

Le parcours proposé après le scan mérite lui aussi une vérification. La page de destination doit expliquer clairement à quel service elle appartient, quelles données personnelles sont nécessaires et pourquoi elles sont demandées. Un QR code ne constitue ni une authentification ni une preuve d’identité : si la démarche nécessite une connexion, celle-ci doit suivre les règles habituelles du service, sans demander de communiquer un mot de passe par téléphone ou par courriel. Les équipes peuvent tester le code sur différents téléphones, vérifier que la page reste accessible sans application particulière et prévoir une solution de remplacement en cas d’indisponibilité.

Avant chaque diffusion, un contrôle du lien, de la page et du support imprimé réduit les risques de confusion, sans les supprimer totalement. La collectivité gagne à désigner un responsable de la vérification et à intégrer cette étape au circuit de validation des courriers. En donnant aussi une voie d’accès alternative, elle préserve le choix des usagers et la continuité de la démarche. Le QR code devient alors un raccourci pratique, mais jamais le seul indice permettant de reconnaître un service officiel.