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Note n° 244

Médiation numérique en mairie : accompagner sans faire à la place

En mairie, la médiation numérique aide les usagers à réaliser leurs démarches tout en protégeant leurs identifiants et leurs données personnelles.

Un poste de médiation numérique aménagé pour préserver la confidentialité des démarches.
Un espace bien organisé facilite un accompagnement discret.

Proposer une démarche en ligne ne suffit pas à la rendre accessible à tous. Certains usagers ont besoin d’aide pour comprendre une consigne, retrouver un document ou utiliser un équipement, sans pour autant confier leurs identifiants ni leurs données personnelles à un tiers. En mairie, la médiation numérique peut répondre à ces difficultés si son cadre est clair. Elle vise à rendre la personne plus autonome, tout en préservant la confidentialité de ses démarches.

La première étape consiste à préciser ce que recouvre l’accompagnement. Un agent ou un médiateur peut expliquer le fonctionnement d’un service, aider à repérer les pièces demandées ou montrer comment enregistrer un document. En revanche, saisir un mot de passe à la place de l’usager ou conserver ses codes crée un risque de sécurité et brouille la responsabilité en cas d’erreur. Les consignes doivent donc indiquer clairement les gestes que l’équipe peut réaliser et ceux qui restent sous le contrôle de la personne. Cette distinction s’applique aussi lorsque l’aide est apportée par téléphone ou lors d’un atelier collectif.

Un espace de médiation numérique doit d’abord garantir une séparation suffisante entre les postes et les échanges. L’écran ne doit pas être visible depuis la file d’attente, et les conversations portant sur une situation personnelle doivent rester à l’écart du public. Si l’usager doit s’authentifier, il saisit lui-même ses identifiants ; le médiateur peut détourner le regard et expliquer les étapes sans accéder au compte. Il faut aussi prévoir la fermeture de la session, l’effacement des fichiers téléchargés et la vérification qu’aucune copie ne demeure sur le poste. Ces gestes simples réduisent l’exposition des données personnelles après chaque accompagnement.

Des postes informatiques disposés à l’écart de la file d’attente dans un espace de médiation.
L’agencement des postes contribue à la confidentialité des échanges.

Le parcours usager gagne à commencer par une question ouverte : quelle étape pose problème ? Une difficulté apparente avec un formulaire peut venir d’une adresse électronique inaccessible, d’un justificatif introuvable ou d’une consigne difficile à comprendre. En identifiant le blocage avant de manipuler l’outil, le médiateur évite de faire à la place de la personne une démarche qu’elle pourrait accomplir avec une explication adaptée. Il peut ensuite décomposer l’action, laisser l’usager essayer et vérifier avec lui le résultat. Cette approche révèle également les obstacles récurrents dans les services numériques proposés par la collectivité.

L’accompagnement doit tenir compte des besoins qui ne se règlent pas par une démonstration. Une interface peu lisible, un document incompatible avec un lecteur d’écran ou une étape uniquement accessible en ligne peut empêcher certaines personnes de poursuivre. Le médiateur peut consigner ces difficultés de façon non nominative et les transmettre aux équipes qui gèrent le service, sans collecter davantage d’informations sur les usagers. Il est également utile de prévoir une orientation vers un autre canal lorsque la démarche exige un examen particulier ou ne peut être réalisée dans de bonnes conditions au guichet. La médiation complète ainsi le service public numérique, sans le rendre obligatoire pour tous.

Pour évaluer le dispositif, la collectivité peut suivre les demandes récurrentes, les étapes qui provoquent des abandons et les orientations nécessaires, en limitant les données conservées. Les retours des médiateurs et des usagers aident à distinguer un besoin d’apprentissage d’un défaut de conception ou d’accessibilité numérique. Ils permettent aussi d’ajuster les horaires, les supports d’explication et les règles de confidentialité. Un accompagnement bien cadré ne consiste donc pas à accélérer chaque démarche : il aide la personne à agir en confiance et donne à la collectivité des indications concrètes pour améliorer ses services.