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Note n° 259 actualités

Sobriété numérique des collectivités : réduire l’impact sans dégrader le service

Pour réduire l’impact environnemental de ses services numériques, une collectivité peut cartographier ses usages, simplifier les contenus et encadrer ses choix d’hébergement sans compromettre l’accessibilité.

Ordinateur et équipement réseau dans un bureau de collectivité, éclairés par la lumière du jour.
La sobriété numérique s’appuie sur des choix concrets pour les équipements et les services en ligne.

La sobriété numérique d’une collectivité ne consiste pas à supprimer des services en ligne pour réduire leur consommation. Elle vise plutôt à limiter les ressources mobilisées par les équipements, les réseaux et les infrastructures d’hébergement, tout en maintenant des démarches accessibles et fiables. Cet équilibre compte aussi dans la transition énergétique : l’impact environnemental du numérique ne se résume pas à l’électricité consommée lors de l’utilisation, car la fabrication et le renouvellement des équipements pèsent également. Pour agir utilement, une collectivité doit donc examiner ses usages avant de choisir des mesures.

La première étape consiste à dresser un inventaire des services et des matériels concernés. Il peut inclure le site institutionnel, les portails de démarches, les outils métiers, les solutions de visioconférence, les postes de travail et les équipements réseau. Pour chaque service, identifiez le nombre d’utilisateurs, les fonctions réellement utilisées, les prestataires impliqués et les équipements nécessaires à son fonctionnement. Cette cartographie aide à distinguer un service indispensable d’un outil peu utilisé, sans confondre faible fréquentation et faible utilité : une démarche rare peut répondre à un besoin essentiel pour certains usagers.

Examinez ensuite les usages et les flux de données. Des contenus volumineux, des vidéos lancées automatiquement ou des pages qui chargent de nombreux composants peuvent augmenter les échanges entre le terminal, le réseau et les serveurs. La compression des images, le choix de formats adaptés et la suppression de ressources inutiles peuvent réduire ces échanges, à condition de vérifier le rendu sur différents appareils et avec des connexions lentes. Il est également utile de revoir les données conservées et les copies de sauvegarde : ne garder que ce qui répond à une finalité définie limite le stockage, mais les règles d’archivage et les obligations légales restent prioritaires.

Le choix d’un hébergement ou d’un logiciel ne devrait pas reposer sur une seule affirmation environnementale du fournisseur. Demandez des éléments précis sur les infrastructures utilisées, leur localisation, les mesures de consommation suivies et les modalités de restitution ou de suppression des données en fin de contrat. Les indicateurs disponibles ne décrivent pas toujours l’ensemble des impacts et ne se comparent pas nécessairement d’un prestataire à l’autre. La collectivité peut donc intégrer des exigences vérifiables dans ses consultations, puis prévoir comment contrôler leur application pendant la durée du marché.

Les mesures les plus pertinentes dépendent du service. Pour les équipements, prolonger la durée d’usage peut éviter des remplacements prématurés, sous réserve de maintenir la sécurité, la compatibilité et la réparabilité. Pour les services en ligne, une revue régulière des pages et fonctionnalités permet de retirer les éléments obsolètes et de simplifier le parcours usager. Avant de déployer ces changements, faites-les tester par les agents et par des personnes aux profils variés : une page plus légère ne doit pas devenir moins lisible, moins accessible ou plus difficile à utiliser au clavier.

Enfin, fixez des priorités limitées et associez-y un suivi compréhensible : équipements renouvelés, services simplifiés, ressources supprimées ou consommation suivie par le prestataire. Ces indicateurs ne remplacent pas une évaluation environnementale complète, mais ils permettent de vérifier que les actions engagées produisent des changements observables. En associant les équipes informatiques, les responsables de services, les achats et les agents qui accompagnent les usagers, la collectivité évite de traiter la sobriété comme une contrainte isolée. Elle l’intègre ainsi aux décisions courantes, sans opposer réduction des impacts et qualité du service public numérique.